Jusqu'où ?

Jusqu’où les loups hurleront-ils ? Jusqu’ou l’acharnement, rarement aussi violent depuis longtemps contre l’Eglise ira-t-il ? De la levée des excommunications en janvier à l’affaire de la fillette au Brésil en passant par le « préservatif » ces derniers jours en Afrique, la « crise » qui jusque là était financière semble infiltrer les rangs de la catholicité. Chacun y va de son indignation, de sa pétition, de ses atermoiements, souvent en ne puisant qu’à la source sinon nauséabonde tout du moins discutable de médias omniprésents, nouveaux gardiens du prêt à penser moral…

Les attaques viennent de droite, de gauche, de l’intérieur, de l’extérieur… Ne relevant que passions et diabolisations. L’homme à abattre ? Benoit XVI. Réac, intransigeant, passéiste… Tout est permis. Il ne dit pas plus que Jean-Paul II ? Pas grave, Jean-Paul II au moins avait « une bonne gueule ». Il nomme le problème ? Cachez cette vérité que nous ne saurions voir. Une triste affaire dans un contexte que nous ne saurions juger agite un pays à l’autre bout du globe ? C’est le pape qui tire les ficelles !! On s’émeut ? Que ne s’émeut-on pas depuis plus de 30 ans en France de l’amnésie des consciences sur la question dramatique de l’avortement…

Benoit XVI en Afrique soulève le scandale de l’inégalité sur la planète, dénonce une économie qui laisse sur le carreau les 3/4 de la terre ? On ne relaie pas l’information, elle n’intéresse pas… Il invite à la responsabilité dans les rapports sexuels ? On s’en moque, tant qu’il n’aime pas la capote…

La parole de l’Eglise est-elle inaudible ? Le pape nous rend-il la tâche difficile ? Si nous pactisons avec la facilité et la démagogie, oui.

Si nous frayons avec la vérité, non. 10 ans durant, j’ai eu à m’occuper de jeunes. 10 ans durant, dans la patience, la miséricorde, l’écoute, j’ai invité les jeunes à entendre d’autres sons de cloches que ceux proposés partout. Et le son de cloche de l’Eglise sonne juste, il accompagne, avec vérité et tendresse, sans juger… Le pape ne dit pas autre chose…

Oserons-nous écouter la voix étouffée par le bruit ambiant ? Oserons-nous poser un acte de confiance ? Responsable, filial, ecclésial ? En deux mois, la barque comme jamais peut-être a été secouée de toutes parts… Nous avons nos responsabilités, humblement et localement pour la remettre à flot, et aider, par notre amitié et notre prière, celui à qui l’Esprit Saint à confié l’affermissement de ses frères. Le vent du de l’Esprit souffle dans l’Eglise, comme et hier et comme demain… Ne doutons pas, n’ayons pas peur !!! De belles et grandes choses parcourent notre monde, sachons y reconnaître la trace de Dieu…

 

Père Amaury Cariot

Curé-doyen

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